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Jeudi 22 avril 2010 4 22 /04 /Avr /2010 17:25

 

Il y a maintenant bientôt 3 mois que nous sommes arrivés au Pérou avec pour objectif d’étudier l’agriculture traditionnelle des Andes Centrales. Il est clair, comme nous l’as fait remarquer René Gomez du CIP,  qu’en 6 mois nous ne pouvons pas “étudier” l’agriculture traditionnelle. Il s’agit donc davantage d’une découverte, d’avoir un aperçu de l’agriculture andine.

La recherche de contacts à Lima a été productive mais a pris beaucoup de temps. Nous avons déjà un mois de retard  par rapport à notre planning prévisionnel. Il ne s’agit plus pour nous d’accélérer le rythme pour rattrapper le temps perdu, mais juste de profiter des occasions les plus interesantes qui se présentent à nous, en prenant le temps qu’il faudra … C’est sûr, nous n’irons pas au nord du Chili comme prévu initialement.

 

Après Cospan, Lima, Huancayo, San José de Aymara, et le Canyon de Colca, nous commençons à avoir un petit aperçu de l’agriculture dans les Andes péruviennes. Certains shémas reviennent : une agriculture vivrière souvent Bio par habitude, associée à une agriculture de vente où l’utilisation des intrants chimiques  et la question de l’accés au marché  prennent de l’importance pour augmenter la production et les revenus. Très peu de traditions perdurent, et encore plus rarement sous la forme d’un ensemble cohérent reliant  ritualité, pratiques agricoles et vie sociale : des offrandes à la Pachamama sont faites, mais dans le même temps, on utilise des intrants chimiques, on cultive en pente raide érodant ainsi les sols, lorsqu’on cultive du quinoa ou des patates natives, on en exporte une partie à l’autre bout du monde …

Où est l’agriculture traditionnelle que nous nous attendions à voir, celle  où les traditions et la vie sociale sont en relation avec des pratiques agricoles permettant l’autosufisance des communautés tout en respectant et préservant l’environnement.

 

Nos doutes se voient confirmés et nos interrogations commencent à trouver des réponses lorsque le 30 mars nous rencontrons notre contact à Arequipa,  le professeur Manuel T. , sociologue travaillant avec le milieu rural. Nous discutons alors de notre projet et de l’agriculture traditionnelle andine.

Pour la première fois, quelqun a compris ce que nous cherchions à voir, et pose la question cruciale : quelle forme prend l’agriculture andine au Pérou.

Il nous apporte alors sa vision des choses, sans concessions …

 

D’après lui, la région d’Arequipa n’offre pas grand intéret pour notre projet, l’agriculture n’y étant plus réellement traditionnelle. C’est dans les régions de Puno et Cusco que nous aurons le plus de chance de rencontrer des communautés paysannes ayant conserver la plupart de leur traditions.

Le professeur nous conseille notamment de rentrer en contact avec  Nestor Chambi de l’association Chuyma Aru à Puno, qui oeuvre à la récupération de la cuture andine.

 

Mais de façon générale, de son point de vue, au Pérou, seules quelques traditions éparses survivent, mais la culture andine traditionnelle (et donc l’agriculture qui y est associée)  n’existe plus dans son intégralité au Pérou. Offrandes (en signe de respects) à la Pachamama peuvent en effet cotoyer pesticides et engrais chimiques. Il n’y a plus de réel respect de l’environement (le “Pacha”), les traditions y ont perdues leur cohérence, leur véritable sens.

 

Deux choses ont contribué à la disparition de la culture traditionelle andine au Pérou.

La première est le poid de la société capitaliste et l’influence de l’économie libérale au Pérou. D’abord, dans les années 30, la forte volonté d’intégrer les communautés andines, les “Indios”, à la société capitaliste, puis dans les années 50, la théorie de la modernisation, ont conduit à la destruction de la culture andine traditionnelle au Pérou. La “modernisation” a eu pour objectif de faire rentrer dans les communautés l’éducation citadine (complètement déconnecté de la réalité et des traditions andines), la mobilité,  l’électricité, l’eau courante, la médecine moderne, les biens de consommations manufacturés et surtout le marché.

La seconde chose est qu’au Pérou, les mouvement politiques socialistes ont été originaires des villes, des syndicats citadins, et non pas des communautés paysannes. Dans leurs luttes sociales il n’y avait donc pas de véritable volonté de conserver la culture andine.

 

Pour exister et péreniser, une culture doit être vivante. Au Pérou, il est difficile de sauvegarder et encore plus de faire revivre la culture andine traditionnelle…

Au contraire, en Equateur et en Bolivie, la cuture andine (et donc l’agriculture traditionnelle associée) est forte et bien vivante. Cela est notamment dû au fait qu’elle a réussit à se faire une place prépondérante dans la vie politique et économique.

Par Paysandins'Tour - Publié dans : Le projet, côté agriculture
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