Nous nous excusons d’avance pour l’absence de photo illustrant cet article, mais nous n’avons pas voulu, par respect pour la communauté et ses traditions, prendre des photos de l’évènement, à tort puisque nous avons ensuite eu l’accord du président de la communauté, mais la nuit était déjà là. Nous allons donc essayer de décrire autant que possible ce que nous avons vécu.
Située á 3900 m d'altitude, la communauté quechua de San José de Aymara fête, depuis 49 ans maintenant, la fondation officielle de la communauté. On est ainsi arrivé dans la communauté le 19 mars, jour de cet anniversaire. Toute la matinée est alors consacrée à la préparation des festivités.
Différents petits groupes s’affèrent :
Des femmes, essentiellement, préparent les soupes à base de poulets, de légumes et d’herbes.
Des hommes applanissent le terrain en chantier sur lequel va se dérouler l’évènement et installent les différents équipements (électricité, sono,...).
D’autres hommes préparent la Pachamanca.
Pour assister a la fete, les gens viennent des communautés voisines, de Pazos, la capitale du district, et même pour certains de Huancayo, ville la plus proche. Plus de 500 personnes sont attendues selon les autorités, ... environ 200 personnes étaient là, selon les gringos.
A 14h, les festivités peuvent commencer.
Tout d’abord le prêtre (le padre) lit la messe et bénit le village en aspergeant notemment le sol devant lui d’eau bénite à l’aide d’une grande tige de fleur.
La fanfare joue ensuite quelques musiques entraînantes avant d’entonner l’hymne national. Vient ensuite le moment des discours : le présentateur, le président de la communauté, le maire, le représentant de Huancayo, la directrice de l’école, l’autorité femminine de la communauté, ...
Le repas peut enfin avoir lieu. La soupe et la Pachamanca nous sont servies par les organisateurs. Une fois rassasiés, les spectacles commencent.
Les différentes sections de l’école primaire font des danses traditionnelles en tenues toujours très colorées : danse du carnaval, danse représentant l’époque du semis, danse en l’honneur de la
vache et de son lait, ... ; puis alternent danses libres, morceaux de musique de la fanfare, morceaux joués par un groupe de musique. Le tout avec un verre et une bouteille de bière qui tournent,
par petit groupe, toute l’après-midi.
Aprés la tombée de la nuit, vers 20h, c’est le moment pour couper les “montes”.
Un “monte” est un arbre (un eucalyptus ici en l’occurence), coupé et replanté sur le lieu de la fête et décoré de ballons de baudruche pour l’occasion.
La fanfare se poste donc à côté de l’arbre et on danse, en couple, en tournant autour de l’arbre tandis que le maître de cérémonie choisit un couple en lui tendant un rameau d'eucalyptus.
Après avoir dansé avec la hache autour de l’arbre, l’homme puis la femme lui assènent 3 coups de hache chacun. Les couples se relaient ainsi à tour de rôle jusqu’à ce que l'arbre soit abattu. On
se précipite alors pour éclater les ballons restants.
Il y a ainsi 3 “montes” à abattre. Cette tradition porte chance à la communauté pour l’année à venir. Les couples ayant abattus les arbres sont responsables de l’organisation du prochain anniversaire. C’est ainsi qu’Hugo à la lourde responsabilité de participer à l’organisation du cinquantième anniversaire ...
La fête reprend ensuite son cours, les gens dansent aux rythmes du groupe de musique à l’intérieur ou de la fanfare à l’extérieur, tout en buvant de la bière ou du calientito (mélange d’alcool de canne à sucre et de jus de fruit, chauffé).
A 22h, nous nous éclipsons de la fête, fatigués, mais certains sont restés jusqu’à 6h du matin …
La prochaine fête de la communauté aura lieu en mai, à l’occasion de la grande récolte des pommes de terre. Tradition et agriculture ne font alors qu’un. Nous espérons pouvoir assister à cette fête, mais … en Bolivie. Et cette fois, nous serons plus prudent avec le mélange alcool-altitude.
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